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COMM.

Optimiser ses vidéos pour le plus grand bonheur de ses visiteurs

Cette idée d’article , sur la nécessité de convertir ses vidéos avant diffusion, m’est venue suite à une discussion avec un client. Il souhaitait diffuser un reportage sur son site internet, sans passer par les plateformes d’hébergement de vidéos en ligne (YouTube, Dailymotion, Vimeo…), espace membres oblige.

 

 

 

Se convertir à Apple Ok, convertir ses vidéos , c'est mieux!
 

 

 

A cet effet, il s’est équipé de manière très pro (caméra Full HD, logiciel de montage Premium etc…). Avant de monter l’intégralité du reportage, d’une durée d’une heure et demie environ, il m’a fourni un échantillon de 1 min 45 pour tester l’intégration sur son site. Il m’a indiqué alors l’adresse d’un fichier sur son hébergement pesant près de 825Mo (l’équivalent d’un film complet en format DIVX). Juste pour essayer, j’ai intégré cette vidéo sur le site. Sans surprise, elle a mis près de 16 minutes pour démarrer alors qu’elle ne  dure que 1 min 45…

 

Ranger correctement l’information

Grosso modo, un fichier vidéo est composé de deux types de données, les données de flux multimédia ( image et son) et des données de « contrôle » (durée de la vidéo, fréquence d’échantillonnage des pistes, type d’encodage, cache…).

Lorsque vous lisez une vidéo présente sur votre ordinateur, l’ordinateur a en sa possession toutes les données nécessaires à sa lecture. Lors d’une diffusion en streaming, ce n’est pas le cas car les données arrivent au fur et à mesure. Il faut donc veiller à ce que le lecteur multimédia recueille en temps voulu les bonnes infos afin que la lecture se passe sans heurts.

La lecture progressive est permise grâce à un système qui porte le nom de cache, il s’agit en fait d’une mémoire temporaire dans laquelle les données sont stockées en attendant d’être lues puis remplacées par de nouvelles données. L’optimisation de la mise en cache des données est un point fondamental.

Certains encodeurs ( Adobe Premiere Pro, pour n’en citer qu’un )  gardent de mauvaises habitudes issues des vidéos hors-ligne et  insèrent les informations de taille de cache en fin de fichier. Lors de la diffusion, le fichier sera alors entièrement chargé avant que le lecteur ne sache que la mise en cache recommandée était par exemple de 5%. Il aurait donc pu commencer sa lecture bien avant s’il avait eu cette info.

Meta Data Mover est un logiciel qui permet en quelques secondes de régler ce problème en déplaçant les données de contrôle de l’entête au début du fichier. L’option Web-Optimized de Handbreak dont je vais vous reparler dans un instant fait également ce genre de traitement.

 

Des erreurs fréquentes en matière de format et de définition

Quand vous streamez une vidéo, la vitesse de chargement est plus importante que le fait d’avoir une vidéo de qualité « pure».

Pour adapter votre vidéo, vous allez réaliser une étape supplémentaire dans votre processus de création. Cette opération visant à modifier les paramètres d’une vidéo déjà produite est appelée transcodage et est réalisée au moyen d’un transcodeur comme le logiciel HandBrake ( Cela signifie frein à main, en anglais, son logo est donc logiquement… un ananas, allez savoir pourquoi ).

L’idée est de modifier la façon dont l’information vidéo est codée afin de favoriser la diffusion. Contrairement à un codage classique, la transformation est en général réalisée volontairement avec pertes afin notamment de diminuer la taille du fichier de sortie. Il s’agit donc de diminuer le nombre d’infos à stocker dans le fichier final en perdant un minimum d’infos essentielles.

Afin de choisir les bons réglages d’encodage et la bonne définition pour votre vidéo, vous devez vous poser les questions suivantes :

Quel est le contenu de ma vidéo ?

Si la vidéo est une capture d’écran d’une présentation PowerPoint, il est recommandé de choisir un nombre assez bas d’images par seconde. Pour simplifier, moins la vidéo comporte de mouvements, moins le nombre d’images par seconde n’a d’importance. Si notre diaporama ne comporte pas de transitions, il s’agit en fait d’images statiques, il n’est donc pas nécessaire de coder un grand nombre d’images par seconde puisqu’a priori, on ne change de diapositives qu’à un intervalle plutôt de l’ordre de la minute.

Quelle va être la taille principale de diffusion de ma vidéo ?

Si la vidéo est diffusée dans une taille proche du timbre-poste, est-ce bien nécessaire de produire une vidéo au format HD…

Vous l’aurez donc compris, à moins d’avoir les qualités de cinéaste de James Cameron ou un contenu à vocation artistique la nécessitant, la qualité HD est donc plutôt à réserver  pour des diffusions optionnelles. Rien n’empêche par contre de proposer par exemple une version HD et une version qualité normale en laissant le choix au visiteur.

 

Une disponibilité tout terrain

Désormais les contenus vidéo se consomment non seulement sur PC mais également sur téléphone ou tablette, il faut donc veiller à rendre son contenu compatible avec les différents terminaux. Attention donc aux formats et lecteur flash (.flv notamment). Privilégiez des outils Flash & HTLM5 pour la lecture. Restez classique pour les formats, vos logiciels vous ferons moins de caprices avec des mp4 qu’avec des m4a même si en soit c’est la même chose…

Pour ce qui est de la lecture, je peux vous conseillez deux lecteurs multimédia qui assurent sur tous les supports, JwPlayer et EasyVideoPlayer. Si vous comptez réutiliser vos contenus sur plusieurs sites, le second propose un tableau de bord très pratique pour customiser vos lecteurs, ajouter des éléments multimédias additionnels à vos vidéos (générique, logos..)

Si la diffusion de vidéo en lecture progressive, ne nécessite pas de serveur spécifique pour fonctionner, je vous recommande toutefois de séparer le stockage de vos données multimédias et de votre site. Outre le fait que le Giga Octet est parfois cher chez les hébergeurs, il est préférable de protéger la bande passante de votre serveur d’hébergement traditionnel afin qu’elle ne soit pas affectée en cas de grande consommation de vidéos. Vous pouvez pour cela vous tourner vers des solutions de type Amazon Simple Storage Service ( Amazon S3 pour les intimes).

Si vous souhaitez diffuser principalement de la HD, il faudra surement vous tourner vers une solution permettant de faire du streaming en lecture continue comme les Content Delivery Network que sont Amazon Cloudfront ou les solutions Ankamai. En effet, ce type de streaming qui permet d’adapter le flux à la connexion nécessite l’utilisation de protocoles spécifiques ( RTP, RTSP …) qui ne sont pas gérer par des serveurs « classiques ».

En suivant ces quelques conseils, vous obtiendrez des vidéos accessibles plus rapidement tout en gardant une qualité de diffusion en accord avec son utilisation. Comme quoi convertir ses vidéos, c’est pas si long et ça apporte un confort énorme.

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( 3 commentaires )

  1. Ce tutoriel est surtout destiné pour les pros ! Mais à ce que je constate, même les amateurs ne seront pas en reste. Le montage et la qualité des videos restent des choses extrêmement utile surtout, en ce qui concerne la qualité. J’ai lu l’article, et il est intéressant, seulement, ça me donne une grave envie d’acheter une caméra ou un appareil photo haut de gamme.

  2. Bonjour,

    Merci pour vos excellents articles.
    En résumé, vous conseillez de placer nos vidéos sur Amazon S3 et de les lire avec JwPlayer ou EasyVideoPlayer ?
    Joyeuses fêtes de fin d’année

    • Paul #

      Bonjour Line,

      Il manque une étape pour moi fondamentale dans votre résumé.

      Pour moi cela donnerait :

      -Je passe mes vidéos dans Handbrake pour optimiser la structuration des données et adapter le format au support
      – Je mets en ligne ma vidéo sur un serveur média externe à celui de mon site ( ex : Amazon S3)
      – J’utilise un lecteur compatible avec les différentes plateformes bureau et mobiles.

      Bien cordialement,

      Paul